Nova Scotia Archives

'Canada's Ocean Playground'

L'industrie du tourisme en Nouvelle-Écosse, 1870-1970

Partout où il était possible de le faire dans le texte, les mentions liées à des endroits, des activités ou des documents publiés spécifiques ont été reliées aux photos ou à la documentation de voyage numérisée correspondantes figurant ailleurs dans le présent site Web.



Le tourisme avant l´avènement d´un ministère 1923-1970

L´histoire moderne du tourisme en Nouvelle-Écosse a commencé en 1923 avec un investissement gouvernemental indirect dans ce qui était déjà décrit comme le commerce touristique ou l´industrie du tourisme. Produit de la récession qui a suivi la Première Guerre mondiale, récession qui avait durement frappé les mines de charbon et les aciéries de même que l´agriculture et la pêche, le tourisme était une nouvelle industrie. C´était aussi un nouveau type d´industrie — une industrie des services. Voyager au loin afin de se reposer et de se divertir n´était absolument pas un phénomène nouveau, mais la promotion que le gouvernement en faisait, ça c´était nouveau. Il était aussi nouveau de penser que l´économie pourrait grandement bénéficier du tourisme. Le commerce touristique s´illustrait par le développement décentralisé de petites entreprises, parfaitement adaptées aux compétences, aux ressources et aux aspirations du petit entrepreneur. Les associations touristiques régionales et locales ne voulaient pas du contrôle du gouvernement; ce qu´elles voulaient et ce dont elles avaient besoin était plutôt son soutien et son leadership, de même qu´une planification et une coordination centralisées. Dès le début, le rôle du gouvernement a été de faire la promotion de l´industrie en contribuant à bâtir son infrastructure.

En juin 1922, le Morning Chronicle de Halifax (le quotidien du Parti libéral) a publié une « Édition sur le tourisme » de 64 pages dans laquelle il préconisait le soutien du gouvernement à l´endroit du tourisme dans le cadre de la politique sociale et économique progressiste dont le Parti libéral était si fier. Dans la même publication, le secrétaire aux industries et à l´immigration (le fonctionnaire au ministère du secrétaire provincial chargé de l´information et de la publicité pour le gouvernement) a publié une annonce pleine page proclamant que la Nouvelle-Écosse était « Le paradis des touristes, des chasseurs et des pêcheurs ». Dans son rapport annuel de 1922, le secrétaire a consacré plus d´une page au tourisme. Il a invité le gouvernement à s´intéresser davantage au commerce touristique qui, selon lui, présente d´énormes possibilités commerciales. Il a également proposé un plan d´action, sans toutefois que ce plan ne fasse appel de manière spécifique à une intervention du gouvernement.

Au début de 1923, le Parti libéral avait été au pouvoir de manière continue pendant quarante ans et le reigne de 27 ans de George Murray comme premier ministre allait tirer à sa fin. En janvier 1923, E.H. Armstrong, ministre des travaux publics et des mines, a succédé à Murray. Le discours du Trône prononcé en février annonçait que le gouvernement avait l´intention de soutenir financièrement la promotion du tourisme. En mars 1923, le premier ministre Armstrong a déposé une résolution visant à créer le Comité d´enquête sur le tourisme, soit un comité spécial de l´Assemblée législative. C´est un ministre du cabinet, J.J. Kinley, ancien maire de Lunenburg, qui a présidé le comité. Ce dernier a commencé par diffuser une lettre circulaire demandant aux gens de fournir des descriptions d´endroits dans la province, descriptions qui pourraient être réunies dans un dépliant sur la Nouvelle-Écosse. Le comité a reçu de nombreuses réponses et ses audiences publiques ont attiré beaucoup de gens. Son rapport a recommandé la création d´un organisme permanent avec un mandat provincial et un financement public de 10 000 $.

Le Comité d´enquête sur le tourisme a aussi recommandé que l´organisme touristique suggéré dans son rapport aide à la création du projet appelé Old Home Summer. Ce projet devait encourager les Néo-Écossais de naissance ou les descendants de Néo-Écossais, vivant en Nouvelle-Angleterre, à entamer un voyage nostalgique vers leur province d´origine. Le concept était destiné à une longue vie — un projet Old Home Summer a été réalisé pas plus tard qu´en 1992 — et il donnera naissance au phénomène du retour à ses origines en Nouvelle-Écosse.

Le gouvernement a manifesté son soutien en appuyant l´Association touristique de la Nouvelle-Écosse (ATNE). Le premier ministre Armstrong a annoncé sa création dans une allocution prononcée lors de la rencontre trimestrielle du Halifax Board of Trade (la chambre de commerce de Halifax) en mai 1923. Lors de l´assemblée de constitution de l´ATNE deux semaines plus tard, les dix-huit comtés de la province ont été répartis en cinq régions, chacune ayant son propre représentant. On y retrouvait aussi des représentants des grands chemins de fer — promoteurs de longue date du commerce touristique — et des quotidiens de Halifax. Le cabinet avait autorisé le versement de la somme de 10 000 $, comme l´avait recommandé le Comité d´enquête sur le tourisme, et il a nommé John O´Connell au poste de président et Alistair J. Campbell à celui de secrétaire et de directeur de la publicité.

O'Connell (1877-1930) était un directeur de théâtre et un imprésario bien en vue, dirigeant à l´époque le Majestic au centre-ville de Halifax. Campbell (1885-1960) était un ancien fonctionnaire qui avait commencé sa carrière en 1908 au ministère des Industries et de l´Immigration, et il a été adjoint au conservateur des actes de l´état civil. À l´origine du slogan Canada´s Ocean Playground, qui figure toujours sur les plaques d´immatriculation en Nouvelle-Écosse, Campbell deviendra le bureaucrate le plus important de la province dans le domaine du tourisme. Il sera le véritable directeur de l´ATNE et il servira le gouvernement pendant plus de vingt ans à titre de directeur ou de directeur adjoint de l´information.

L´ATNE était une espèce d´organisme semi-public inconnu auparavant dans la province, une organisation non gouvernementale quasi-autonome qui bénéficiait du soutien financier du gouvernement, lequel en nommait les cadres. Elle a ouvert ses bureaux dans Province House et elle s´est adressée au secteur privé pour recueillir des fonds de roulement afin d´arrondir et de remplacer la seule subvention que le gouvernement lui accordera. Son premier et unique rapport semestriel, couvrant les six premiers mois de son fonctionnement, soit de juin à décembre 1923, a été publié en annexe des journaux de l´Assemblée législative, sous l´autorité du ministre des travaux publics et des mines, le premier ministre Armstrong.

Ces six premiers mois ont été très occupés, et c´est au début de cette période que le président, O´Connell, avait prononcé ces mots prophétiques : « La Nouvelle-Écosse n´est pas encore consciente de tout ce que l´industrie du tourisme pourra finir par représenter pour la province si son potentiel est développé au maximum. » En 1922, première année pour laquelle des statistiques ont été conservées, la Nouvelle-Écosse avait accueilli 49 000 visiteurs. Les célébrations à Pictou, en juillet 1923, du 150e anniversaire du Hector, très réussies d´ailleurs, ont démontré le potentiel touristique des anniversaires historiques et des reconstitutions de navires historiques. C´est également en 1923 que l´ATNE a publié un guide de voyage de 284 pages intitulé Nova Scotia, Canada: The Country and its People and the Opportunity it Offers to Other People, dans lequel elle reconnaissait pleinement la contribution du gouvernement à son travail. On y retrouvait des photos pleine page du premier ministre Armstrong, de W.B. MacCoy (secrétaire aux industries et à l´immigration) et de J.J. Kinley, président du Comité d´enquête sur le tourisme. L´initiative était finalement lancée et avec le soutien du gouvernement.

Toutefois, il est vite devenu évident que la structure et les finances de l´ATNE n´étaient pas très solides. Il fallait un nouvel organisme disposant de meilleures assises financières et organisationnelles. C´est pourquoi la Chambre de commerce de Halifax a vu à la création du Nova Scotia Publicity Bureau (NSPB). Constitué en février 1924, le bureau disposait d´un budget de 50 000 $. Il a fonctionné en vertu de dispositions spéciales de la Companies Act qui interdisaient le versement de dividendes et prévoyaient le réinvestissement de tous les profits dans la société. Le gouvernement s´était engagé à verser 10 000 $ à la campagne de publicité du bureau à la condition que le bureau recueille un montant comparable. En mars 1924, l´ATNE a été intégrée au NSPB. O´Connell a été remplacé par Alexander Montgomerie, président de la Chambre de commerce de Halifax. A.J. Campbell est resté secrétaire-trésorier et directeur de la publicité. En avril, une loi a été adoptée autorisant les administrations municipales à prévoir un crédit annuel pour venir en aide au travail du bureau. Le premier ministre Armstrong était membre du comité exécutif du bureau. À partir de janvier 1925, le conseil d´administration nombreux et représentatif comprenait également deux autres ministres du cabinet. Montgomerie, directeur de Furness Withy and Company (propriétaires et agents de bateaux à vapeur), est resté président pendant les deux ans d´existence du bureau.

« Parlez au monde de la Nouvelle-Écosse », voilà le mandat que le gouvernement avait donné aux entreprises qui ont fondé le Nova Scotia Publicity Bureau. Old Home Summer s´est déroulé comme prévu en 1924 et son succès a vivement stimulé les activités du bureau; le nombre de touristes avait augmenté de 58 pour cent par rapport à la saison 1923. C´est également en 1924 que le premier bureau d´information touristique de la province a ouvert ses portes à Amherst. Vers la fin de l´année, A.J. Campbell pouvait dire avec fierté que le commerce touristique avait représenté une entrée de fonds de 7 500 000 $. Grâce à Old Home Summer, tellement de touristes — plus de 102 000 — avaient visité la Nouvelle-Écosse que l´industrie prenait rapidement des proportions de grande entreprise. Pourtant, le bureau de publicité touristique allait bientôt affronter le même problème que l´ATNE avait affronté : un manque de fonds de roulement.

On pouvait facilement comprendre que les directeurs hésitaient à investir dans une société conçue pour bâtir une industrie dans laquelle ni eux ni la société n´avaient d´intérêt financier ou commercial direct. Des annonces pleine page dans les journaux ont fait appel au patriotisme et à la générosité des entreprises (« Pourquoi le Nova Scotia Publicity Bureau demande-t-il de l´argent? »), mais en vain. Il était clair que la tentative de recueillir des fonds de roulement par le truchement d´une contribution volontaire était vouée à l´échec. Une résolution demandant des subventions de la province et des municipalités a été adoptée à l´unanimité lors de la première et unique assemblée générale annuelle du bureau tenue en janvier 1925. La province a respecté l´engagement qu´elle avait pris de fournir 10 000 $ en fonds de contrepartie, mais il semble que les municipalités n´auront pas contribué au financement. Le bureau ne pouvait pas fonctionner sans un apport important de fonds publics, et cela amènerait donc le contrôle du gouvernement.

Dans les semaines qui ont suivi l´arrivée au pouvoir des Conservateurs d´E.N. Rhodes en juillet 1925, on a tenté à quelques reprises d´intégrer le Nova Scotia Publicity Bureau à la fonction publique. Le président du bureau, Montgomerie (député de Halifax nouvellement élu), était un membre important et influent du Parti conservateur. Il n´a pas eu beaucoup de difficulté à persuader le gouvernement de commencer à financer le travail du bureau, avec l´intention de le prendre en main. En novembre 1925, le ministre du nouveau ministère des Ressources naturelles, au sein duquel on avait intégré Industries et Immigration, a été nommé au conseil d´administration du bureau. Le 1er février 1926, le ministère a assumé l´entière responsabilité du bureau. Huit jours plus tard, on déclarait dans le discours du Trône : « Le Nova Scotia Publicity Bureau a beaucoup contribué à faire connaître à l´étranger la beauté des panoramas et d´autres attractions de la province; par conséquent, un grand nombre de touristes sont venus ici durant la saison estivale. Le gouvernement est conscient de l´importance d´un tel service et il prendra les mesures nécessaires pour poursuivre ce travail. » La promotion du tourisme ne sortira plus jamais du milieu gouvernemental.

Le Nova Scotia Publicity Bureau est devenu la direction de l´information du ministère des Ressources naturelles. O´Connell et Montgomerie étaient maintenant partis mais A.J. Campbell était toujours au poste — élément de continuité essentiel dans le développement de l´industrie du tourisme. Campbell est devenu l´adjoint de l´agronome Robie Leonard qui a été directeur de l´information jusqu´au prochain changement de gouvernement en septembre 1933. Campbell le remplacera ensuite comme directeur. À l´extérieur du gouvernement, la direction était connue sous le nom de Bureau de l´information. Le bureau s´occupait de publicité, de photographie promotionnelle ainsi que de création et de diffusion de documentation touristique; il voyait aussi a attirer les congrès, à répondre aux demandes de renseignements, à réunir des statistiques sur les visites des touristes et à participer à des expositions importantes commme la CNE à Toronto. En octobre 1928, le ministère des transports a assumé la responsabilité de la direction de l´information. Le mois suivant, la responsabilité pour l´information et la publicité était transférée officiellement et, en 1929, la direction a changé de nom pour s´appeler Information et Tourisme.

On a publié en 1930 Where to Stay in Nova Scotia. Cette publication a été suivie en 1931 par la première édition du Nova Scotia Tour Book, guide officiel de 320 pages, précurseur de l´actuel guide intitulé Du rêve à l´aventure. En 1932, on ouvre la piste Cabot. En mai 1934, le premier ministre suppléant A.S. MacMillan, à titre de ministre responsable du tourisme, a présenté un mémoire au comité spécial du Sénat sur le tourisme. Selon MacMillan, huit facteurs pourraient permettre à la Nouvelle-Écosse de devenir « un des meilleurs lieux de villégiature » en Amérique du Nord : sa situation géographique, son climat, ses paysages, son histoire, les sports de plein air, des routes améliorées, des hôtels modernes et des installations de transport. À cette époque, le gouvernement disposait de deux bureaux d´information touristique, un à Amherst et un autre à Yarmouth, et il offrait cinq publications sur les voyages.

En novembre 1934, le ministre MacMillan a annoncé l´ambitieux plan en 28 points du gouvernement pour développer l´industrie du tourisme. Le plan englobait la publicité, les transports, l´hébergement des visiteurs, les installations sportives, un conseil consultatif provincial sur le tourisme, les associations touristiques locales, des activités publiques spéciales, l´embellissement des propriétés publiques, la courtoisie envers les visiteurs et le marketing de détail axé sur les touristes. En février 1935, le ministère a retenu les services du Mandeville Press Bureau de New York pour faire la promotion de la Nouvelle-Écosse dans les journaux, les magazines, les films d´actualités et à la radio. En mai 1935, on a adopté la première et la seule loi sur le tourisme de la province, la Tourist Traffic Act. La loi définissait le rôle du gouvernement dans le développement et l´amélioration du commerce touristique et prévoyait la création d´un Tourist Traffic Advisory Council pour aider le ministre. La loi est restée en vigueur jusqu´en 1967 et n´a pas été remplacée.

Dès 1936, le tourisme, qui n´avait pas trop subi les contrecoups de la Crise de 1929, avait pris une telle ampleur que le directeur de l´information a commencé à publier un rapport annuel. En janvier 1936, le cabinet a autorisé l´achat de la Nova Scotia Relief Map and Directory Limited d´Amherst afin de concevoir et de produire de la documentation de voyage. Au printemps, le directeur de l´information a remis en vogue L'Ordre du bon temps de Champlain afin d´aider à attirer l´attention sur le plan du gouvernement fédéral destiné à recréer l´Habitation à Port-Royal. N´importe quel touriste qui avait passé un certain nombre de jours en Nouvelle-Écosse pouvait devenir membre de l´ordre.

En 1939, la Nouvelle-Écosse était la seule province canadienne à disposer d´un stand à l´Exposition universelle de New York. En 1940, elle avait la distinction d´être la première province canadienne à recevoir de la publicité à la télévision aux États-Unis. En mai, un article important et abondamment illustré sur la Nouvelle-Écosse est publié dans National Geographic. En juillet, la maison de Thomas Chandler Haliburton à Windsor, que la province avait achetée, ouvre ses portes à titre de première maison historique de la Nouvelle-Écosse. Le dernier fait saillant touristique de 1940 a été la construction, par le ministère, du pavillon hôtelier Keltic Lodge à Ingonish Beach, dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. En janvier 1941, un bulletin ministériel mensuel, Hospitality, est publié pour la première fois.

C´est en février 1941 que l´on met sur pied le nouveau ministère de l´Industrie et de la Publicité; la direction de l´information publique et du tourisme, qui était au ministère des Transports et des Travaux publics, y est transférée. Le nouveau ministère a été créé en grande partie à cause de l´intérêt et de l´engagement personnels du premier ministre. À titre de ministre responsable du tourisme à partir de 1933, A.S. MacMillan a beaucoup fait pour faire connaître et favoriser le travail d´A.J. Campbell. Le tout premier ministre du nouveau ministère, Harold Connolly, était journaliste de profession et nouveau au sein du cabinet. Le fait d´élever la direction de l´information et du tourisme pour lui faire représenter la moitié d´un ministère était une reconnaissance que le tourisme avait bel et bien son importance, à titre d´industrie et de secteur commercial. Non seulement était-il bien établi, on le voyait aussi comme étant aussi important que le secteur traditionnel de l´extraction des ressources et les industries de fabrication primaire.

Le travail a commencé rapidement au nouveau ministère. Une nouvelle direction des inspections des hôtels s´est chargée d´un cours abrégé en hôtellerie, cours qui avait été offert chaque année depuis 1938 aux exploitants et aux directeurs d´hôtels. En 1942, la rédactrice touristique américaine Dorothy Duncan, femme d´influence (épouse de Hugh MacLennan), a déclaré que le Bureau d´information de la Nouvelle-Écosse « était l´un des meilleurs bureaux touristiques du continent » (Bluenose: A Portrait of Nova Scotia). En 1944, l´International Tuna Cup Match a été inauguré à Wedgeport; dix ans plus tard, la manifestation était devenue la plus importante promotion touristique de la province. On nomme un agent des films en 1945, on ouvre un bureau de presse en juillet de la même année, et en février 1946, on met sur pied une direction de la photographie. C´est également en 1946 qu´une loi crée un fonds de prêts pour les propriétaires d´hôtels. Le gouvernement a commencé à garantir (sur garantie hypothécaire) des prêts bancaires à long terme consentis à des exploitants d´hôtels et de centres de tourisme pour les aider à rénover leurs installations. La politique a été suspendue l´année suivante en attendant un examen des installations, et une autre loi a été adoptée afin de limiter l´admissibilité à l´aide financière aux hôtels en construction. Avec l´industrie naissante de la fabrication automobile, le terme motel (motor hotel) a fait son apparition.

La création du ministère de l´Industrie et de la Publicité a joué un rôle important dans la planification du gouvernement en vue de l´expansion prévue du tourisme après la guerre. L´événement le plus important dans le développement de l´industrie du tourisme, et qui est survenu en temps de guerre, a été la conférence fédérale-provinciale tenue à Québec du 29 novembre au 1er décembre 1943; elle était sous la présidence du ministre fédéral des services nationaux de guerre. Harold Connolly a présenté la perspective de la Nouvelle-Écosse quant aux meilleurs moyens de régler les problèmes liés aux conditions de guerre, de même que les possibilités de développement après la guerre. Les participants à la conférence ont parlé de l´hébergement des touristes, de l´importance des loisirs pour la santé nationale, de la gestion des ressources fauniques et piscicoles, du rapport qui existe entre la prestation de services alimentaires et l´amélioration du commerce touristique, des parcs nationaux et provinciaux, de publicité et de transport routier. On y a adopté dix résolutions pour orienter le développement d´après-guerre. Ses conclusions se sont reflétées dans le rapport de 1944 de la Nova Scotia Royal Commission on Provincial Development and Rehabilitation (la Commission Dawson). La Commission Dawson a consacré un chapitre complet de son rapport au tourisme; elle y a mis l´accent de manière spéciale sur la responsabilité du gouvernement en matière de développement de l´industrie.

En juin 1945, A.J. Campbell quitte son poste de directeur de l´information pour prendre sa retraite. Son successeur, Thomas Courtney, ne sera pas nommé avant avril 1947. Courtney, superviseur des cinémas Odéon pour les Provinces maritimes, était un documentariste primé et un ardent défenseur de la conservation de la faune. Durant son mandat, des bureaux d´information touristique ouverts à l´année ont été créés d´abord à New York, puis à Boston. En avril 1948, le ministère de l´Industrie et de la Publicité a été renommé ministère du Commerce et de l´Industrie. Le tourisme a conservé son statut de division. En septembre 1950, le ministère du Commerce et de l´Industrie a été complètement réorganisé et le Bureau d´information est devenu un organisme indépendant relevant du nouveau ministre de la santé publique, Harold Connolly. Le directeur, Courtney, est mort subitement en février 1953. Il a été remplacé par George Herman qui travaillait au bureau depuis 1945 à titre d´adjoint ou de directeur intérimaire. Journaliste de profession, Herman avait déjà 65 ans lorsqu´il est entré en fonction, mais il est resté en poste encore cinq ans. En septembre 1954, le Bureau d´information de la Nouvelle-Écosse est revenu au sein du ministère du Commerce et de l´Industrie et a été renommé Bureau du tourisme et de l´information.

En janvier 1956, le MS Bluenose, un traversier à vapeur de 5 millions de dollars construit en acier et servant au transport des voitures et des passagers, propriété conjointe des gouvernements fédéral et provincial, est entré en service pour assurer la liaison entre Yarmouth et Bar Harbor. Le MS Bluenose a assuré cette liaison pendant plus de quarante ans. C´est également en 1956 que le gouvernement a retenu les services d´Arthur D. Little Inc. de Cambridge, au Massachusetts — la première société d´experts-conseils en gestion au monde — pour entreprendre une étude sur l´industrie du tourisme en Nouvelle-Écosse. La société a soumis son rapport l´année suivante : A Statistical Analysis of Tourists Visiting Nova Scotia in 1956. Le rapport fournissait une estimation et un profil fiables et détaillés des touristes en visite en Nouvelle-Écosse, il suggérait des moyens d´accroître les recettes en cernant des sources possibles de revenu, et il recommandait des normes et des pratiques pour garantir la collecte de statistiques exactes et à jour.

En janvier 1958, Daniel Wallace a succédé à George Herman à titre de directeur et le Bureau du tourisme et de l´information est devenu le Bureau de tourisme de la Nouvelle-Écosse. Wallace, boursier Rhodes pour la Nouvelle-Écosse en 1933, était chef de cabinet du premier ministre John Diefenbaker au moment de sa nomination. Il est resté en Nouvelle-Écosse jusqu´en mai 1961 lorsqu´il a été nommé directeur adjoint du Bureau de tourisme du gouvernement canadien, dont il deviendra plus tard directeur général. En 1960, la responsabilité des trois maisons historiques de la province est passée du Bureau de tourisme de la Nouvelle-Écosse au ministère de l´Éducation.

En juin 1961, l´information a été retranchée du tourisme et réorganisée sous forme de section séparée du ministère du Commerce et de l´Industrie, pour devenir le Service d´information de la Nouvelle-Écosse. On y retrouve la section des relations de presse et de la publicité, l´unité des films et de la photographie, les annonces et la distribution, et le service de coupures de presse. En juillet, Gerald Redmond, directeur général du poste de radio CHNS de Halifax, a succédé à Wallace à titre de directeur du Bureau de tourisme de la Nouvelle-Écosse. En septembre 1969, Redmond a été promu au poste de sous-ministre adjoint du tourisme. Le directeur adjoint John Bugden lui succédera; Bugden avait été directeur du Bureau de tourisme et des congrès de Halifax.

Tout au long des années 1960, le Bureau de tourisme de la Nouvelle-Écosse a été chargé de toute une gamme de tâches : préparation et distribution de documentation de voyage, distribution de films sur les voyages, distribution de pochettes de promotion touristique aux agents d´information et aux représentants des médias au Canada et à l´étranger, maintien des centres d´information touristique aux points d´entrée en Nouvelle-Écosse, ailleurs au Canada (Montréal et Toronto) et aux États-Unis (Boston et New York), inspection des établissements d´hébergement et délivrance des permis d´exploitation d´établissement d´hébergement en vertu de l´Hotel Regulations Act, présentation de programmes éducatifs destinés au personnel des hôtels et des restaurants afin d´améliorer la préparation des aliments et la prestation des services, formulation de conseils de voyage et réalisation de recherche, et formulation de conseils sur la construction et la rénovation d´installations touristiques. Le ministère a été réorganisé en 1964 lorsque la section de l´hébergement et des installations est devenue une section séparée du bureau de tourisme. En 1965, la province fait construire un deuxième hôtel de villégiature, le Pines Motor Hotel à Digby.

En avril 1969, la Camping Establishments Regulation Act est adoptée, confiant au ministère du Commerce et de l´Industrie la responsabilité des terrains de camping et des parcs pour caravanes. Le même mois, le gouvernement fait son entrée dans le domaine de la restauration historique par le truchement d´une initiative fédérale-provinciale portant sur Sherbrooke, dans le comté de Guysborough. En août 1968, l´Association touristique de la Nouvelle-Écosse avait demandé aux gouvernements fédéral et provincial de construire une version néo-écossaise du Upper Canada Village. La Commission de restauration de Sherbrooke comprenait à l´origine le directeur du Musée de la Nouvelle-Écosse et le directeur du tourisme. Le projet aura finalement donné Sherbrooke Village, « un musée historique vivant représentant la vie rurale en Nouvelle-Écosse entre 1860 et le début de la Première Guerre mondiale. »

En octobre 1970, les Libéraux reprennent le pouvoir. Durant la campagne électorale, Gerald Regan, député libéral et chef de l´opposition, avait déclaré qu´une industrie qui, en 1969, avait représenté des recettes de 43 millions de dollars, devrait avoir son propre ministère. Dans son premier discours du Trône (décembre 1970), le nouveau gouvernement libéral a annoncé qu´il allait

créer un nouveau ministère du Tourisme et accorder plus d´attention à la contribution économique du tourisme à la prospérité de la province. Le ministère coordonnera les fonctions du gouvernement dans le développement de l´industrie du tourisme et mettra de l´avant de nouveaux programmes conçus pour tirer le maximum du potentiel de l´industrie du tourisme dans la province.

C´est en 1971 que le gouvernement libéral a créé le ministère du Tourisme, avec le mandat de développer et d´aider l´industrie du tourisme et d´en faire la promotion. En cinquante ans, la promotion et la gestion de haut niveau de l´industrie du tourisme par le gouvernement ont transformé ce secteur, le faisant passer d´une innovation radicale à une opération essentielle disposant de son propre ministère.

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