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Les Écossais

Les Écossais

C'est en 1621 que l'actuelle province de la Nouvelle-Écosse fut baptisée, en latin, « Nova Scotia ».  Même si les premiers colons comptaient parmi eux des Écossais, c'est seulement à partir de 1773 que ces derniers arrivèrent en grand nombre ou fondèrent des communautés permanentes. Originaires du nord-ouest de l'Écosse, ils s'établirent à Pictou.

Les Écossais de Pictou étaient presbytériens et parlaient le gaélique écossais. Plus tard, nombre de leurs descendants partirent s'établir dans d'autres régions du Canada et des États-Unis, mais Pictou célèbre toujours chaque été l'arrivée du navire Hector avec ses immigrants fondateurs.

En 1775, Michael MacDonald est parti de l'Île-du-Prince-Édouard pour aller sur la côte ouest du Cap-Breton. Poète et capitaine, lui et ses parents avaient quitté l'Écosse quelques années plus tôt. Il incita sa famille et ses amis à le rejoindre dans la région appelée aujourd'hui comté d'Inverness. Ils profitèrent alors de l'occasion d'acquérir des terres afin de pouvoir les cultiver, sans oublier la pêche.  C'est ainsi que commença l'établissement des Écossais au Cap-Breton.

Un certain nombre de familles écossaises, originaires des Hébrides et principalement catholiques romaines, arrivèrent en Nouvelle-Écosse à la fin des années 1700.  Beaucoup s'installèrent sur des terres près d'Antigonish, d'autres le long de la baie de Fundy, près de Parrsboro, et d'autres encore partirent au Cap-Breton. Vers 1800, des familles de Barra, dans les Hébrides, s'établirent sur les rives du lac Bras d'or où elles fondèrent des villages.

De plus en plus d'immigrés de l'ouest de l'Écosse et des Hébrides arrivèrent dans les années 1800 pour s'établir en Nouvelle-Écosse continentale et au Cap-Breton. Qu'ils fussent de confession presbytérienne ou romaine catholique, ils avaient tendance à s'installer là où se trouvaient des gens de leurs anciens villages.  Même si la plupart parlaient le gaélique, certains parlaient aussi l'anglais ainsi qu'un dialecte des basses terres de l'Écosse.

Les premiers colons écossais étaient attirés par la perspective de posséder des terres sans avoir à dépendre d'un propriétaire terrien, ainsi que par la possibilité d'offrir une meilleure vie à leurs enfants.  À l'époque, l'Écosse, tout comme l'Irlande, était surpeuplée; il y était donc difficile d'y survivre.  Immigrer était alors une nécessité, même si beaucoup se lamentaient de devoir abandonner leurs maisons et leurs parents.

Après 1820, des milliers de familles écossaises furent contraintes d'émigrer à une époque où les grands propriétaires terriens, cherchant à créer d'immenses élevages de moutons rentables en regroupant de petites fermes, expulsèrent leurs locataires.  Ceux qui arrivèrent en Nouvelle-Écosse trouvèrent des terres à l'arrière des premiers villages du Cap-Breton et à l'est de la colonie.

Après 1840, l'immigration écossaise en Nouvelle-Écosse a pour ainsi dire cessé pour ne reprendre qu'à la fin des années 1800, lorsque de nombreux charbonniers originaires des terres basses vinrent travailler dans les nouvelles villes minières comme New Glasgow, Inverness, et Sydney Mines. Parlant l'anglais ainsi qu'un dialecte écossais, leur assimilation dans la culture dominante fut rapide.

Les villages du Cap-Breton, comme Christmas Island, Whycocomagh, Mabou, Grand Narrows et West Bay, où on parlait principalement le gaélique, conservèrent leur enthousiasme pour les chansons et contes traditionnels ainsi que pour la cornemuse et le violon.  Ainsi donc, chaque réunion de famille faisait la part belle aux contes, aux vieilles traditions et aux liens de famille.  Nombre des histoires familiales qui ont été transmises oralement se trouvent aujourd'hui dans des manuscrits et enregistrements sonores conservés dans les archives locales.

Le départ d'Écossais établis en Nouvelle-Écosse commença presque aussitôt que les grandes vagues d'immigration cessèrent.  Déçus par les récoltes et une économie mauvaise, nombre d'entre eux partirent dans les années 1850 pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, en quête de meilleures conditions de vie. D'autres partirent en Ontario et en Nouvelle-Angleterre, en particulier dans la région de Boston, où des milliers de leurs descendants vivent aujourd'hui. Beaucoup également partirent travailler dans les villes minières de l'Ouest des États-Unis.

Au début des années 1900, les Prairies canadiennes offrirent d'autres perspectives aux petits-enfants et arrière-petits-enfants des premiers colons écossais. Les descendants des premiers Écossais de la Nouvelle-Écosse sont maintenant dispersés aux quatre coins du monde, dont les générations plus récentes, qui poursuivent cette tradition en allant chercher du travail à Toronto, en Alberta et au-delà.

De très nombreuses personnes portent encore aujourd'hui, en Nouvelle-Écosse, les patronymes Rosse, MacDonald, MacNeil, Graham, Campbell et Cameron, surtout dans l'Est de la province et au Cap-Breton. Des noms comme Glencoe, New Glasgow et Barra Glen rappellent clairement les origines écossaises de ces villages.  On trouve d'ailleurs de nombreuses sociétés qui se consacrent au patrimoine écossais. En outre, certains festivals et événements célébrant ce patrimoine sont très courus.

Chaque été, et surtout à l'occasion du Celtic Colours Festival qui a lieu en octobre, il exist beaucoup d'occasions d'apprécier les danses, les chansons, la musique et les contes écossais traditionnels ainsi que de rencontrer les populations locales et d'entendre parler et chanter le gaélique.  Les Écossais de la Nouvelle-Écosse chérissent depuis toujours l'hospitalité de leurs ancêtres; c'est pourquoi ils souhaitent aujourd'hui « Ceud Mile Failte » (cent mille fois la bienvenue) à tous les visiteurs, et surtout à la parenté éloignée.