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Les Anglais

Les Anglais

Les Néo-Écossais d'origine anglaise constituent, après les Écossais, le deuxième plus grand groupe de la population de la province.  Les Anglais sont rarement considérés comme étant un groupe ethnique distinct, en raison des époques et des circonstances dans lesquelles ils sont arrivés. Par exemple, les Planters de la Nouvelle-Angleterre et les Loyalistes américains se désignaient eux-mêmes comme des « Anglais », mais sont venus en Nouvelle-Écosse après plusieurs générations aux États-Unis.

La ville d'Halifax a été fondée en 1749, principalement par des colons anglais recrutés dans le Londres métropolitain. Bien que la plupart ne sont pas restés, quelques familles se sont établies, comme les Creighton, Elliott, Sibley (premiers fabricants de chaises dans le comté de Colchester), les Staples et les Stevens, qui font partie des familles  anglaises les plus anciennes établies dans la province.

En raison de sa position géographique stratégique, c'est-à-dire à l'extrême est de l'Amérique du Nord continentale, la Nouvelle-Écosse possède une longue histoire militaire; la ville d'Halifax est d'ailleurs depuis ses tous débuts une ville de garnison avec un chantier naval. Au fil du temps, des milliers d'officiers, de soldats, de marins, de charpentiers, de gabiers, de calfats et de canotiers ont donc été affectés à Halifax et s'y sont établis.

En outre, à la fin de chacune des guerres impliquant l'Amérique du Nord, les effectifs de l'armée britannique devaient être réduits, et beaucoup d'officiers et d'hommes démobilisés sont venus s'établir en Nouvelle-Écosse.  C'est ce qui s'est produit en 1763 après la guerre de Sept Ans, en 1783 après la Révolution américaine, ainsi qu'en 1815 à la fin de l'époque napoléonienne.

Étant donné que de nombreux régiments britanniques ont été levés en Écosse ou en Irlande, ces soldats n'étaient pas forcément « Anglais ».  Dans les premiers temps, les soldats démobilisés en Nouvelle-Écosse se voyaient souvent donner des terres dans des villages qui été créés spécialement pour eux, comme Rawdon, New Ross, ainsi que Dalhousie East et West.

Au début des années 1770, des centaines de personnes originaires du Yorkshire ont immigré en Nouvelle-Écosse à la recherche d'une vie meilleure, invoquant des loyers élevés et une augmentation des prix en Angleterre.  Certains sont arrivés par bateau à Fort Lawrence, dans l'isthme de Chignectou; d'autres sont partis à Granville, près d'Annapolis Royal, et d'autres encore ont débarqué à Halifax et se sont rendu à pied au bassin Minas afin de monter sur des goélettes pour aller à Parrsboro et au-delà.

Les familles du Yorkshire portent entre autres les noms de Black, Bulmer, Chapman, Coates, Donkin, Dobson, Oxley, Ripley et Trueman.

Des commerçants et des pêcheurs des îles de la Manche, en particulier Jersey, ont exercé des activités en Nouvelle-Écosse dès les premiers jours. Les noms de famille Janvrin, LeVisconte et Martel étaient courants sur la côte sud du Cap-Breton; on les désignait parfois à tort comme des « Anglais ». C'est également ainsi qu'on appelait souvent les immigrants gallois qui s'étaient établis dans le comté de Shelburne dans les années 1820.

Dans les premiers temps, en Nouvelle-Écosse, il arrivait que de riches propriétaires terriens anglais créent des domaines à l'ancienne sur leurs étendues de terre alors inexploitées.  Leurs locataires étaient attirés par la possibilité de biens en pleine propriété et la réussite des agriculteurs qui vivaient à proximité.

Aujourd'hui, si vous empruntez la route 2 pour vous rendre de Truro à Halifax, vous passerez devant une belle église, à Oakfield. Il s'agit du seul édifice encore debout du domaine du général John Laurie, qui s'est consacré à l'établissement de familles d'agriculteurs du Devonshire sur sa propriété, près de Grand Lake, à la fin des années 1860. Ces familles se sont rapidement dispersées, mais quelques-unes, comme les Emmetts, sont restées dans la province.

Les immigrants anglais en Nouvelle-Écosse comprennent également les ‘les Petits immigrés anglais’ c'est-à-dire des orphelins et des enfants abandonnés que des organismes comme celui du Dr Bernardo ont arrachés à la pauvreté de l'Angleterre industrielle pour les envoyer aux quatre coins du monde et ainsi peupler l'Empire britannique. En Nouvelle-Écosse, des organismes comme la Middlemore Home, à Fairview, tout près d'Halifax, ont accueilli des enfants de 1869 à 1930. Certains des enfants qui sont arrivés plus tard sont encore en vie, et on estime qu'un Canadien sur douze a pour ancêtre un petit immigré anglais.

Les épouses de guerre sont l'exemple le plus récent de l'immigration anglaise en Nouvelle-Écosse. Ces femmes ont épousé des militaires canadiens déployés à l'étranger pendant la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la guerre, des milliers d'entre elles, souvent accompagnées de nourrissons et de jeunes enfants, ont traversé l'Atlantique pour commencer une nouvelle vie au Canada. La plupart sont parties retrouver leur mari, ailleurs au pays, mais certaines se sont établies dans des villages de la Nouvelle-Écosse.

Par conséquent, lorsque les Néo-Écossais parlent aujourd'hui de racines « anglaises », ils parlent des premiers colons, de soldats, de marins, d'ouvriers des chantiers navals d'Halifax, d'immigrés du Yorkshire, des Planters de la Nouvelle-Angleterre, des Loyalistes américains, des petits immigrés anglais, des épouses de guerre, ou de presque tous ceux qui sont venus d'Angleterre, du Pays de Galles, les îles anglo-normandes ou des anciennes colonies britanniques. Le terme « anglais » qualifie donc les origines qui remontent à l'Angleterre, qu'elles soient anciennes ou récentes; ce terme englobe à lui seul un mélange culturel des plus riches!